La Belgique est à la recherche d'une solution... Le Premier ministre belge Yves Leterme a proposé vendredi la démission de son gouvernement, suite aux accusations de pressions sur des magistrats dont il fait l'objet dans l'affaire du sauvetage de la banque Fortis. Il n'est pas candidat à sa propre succession. Depuis, le Roi Albert II a entamé des consultations avec les différents partis politiques. La Belgique s'orienterait vers un gouvernement de transition jusqu'en juin 2009.
Il n’est en place que depuis neuf mois, installé pour tenter de mettre fin à une crise institutionnelle en Belgique. Et le gouvernement Leterme pourrait bien tomber pour un scandale politico-économico-judiciaire, le désormais surnommé "Fortisgate", une quasi-affaire d’Etat. Vendredi, le Premier ministre belge Yves Leterme a proposé la démission de l’ensemble de son gouvernement. Il n'est pas candidat à sa propre succession, ni pour exercer d'autres fonctions dans un nouveau gouvernement
Car quelques heures plus tôt, le président de la Cour de cassation, la plus haute juridiction belge, avait indiqué avoir "des indications importantes" sur le fait que le gouvernement en place avait tenté de faire pression sur la justice dans le dossier du rachat de la banque Fortis, mais "pas de preuve juridique". Concrètement, le cœur des accusations concerne une présumée intervention politique dans une affaire judiciaire.
Yves Leterme a reconnu que des "contacts" avaient été établis entre ses services et les magistrats qui travaillaient sur les recours déposés par les petits actionnaires, opposés à la façon dont Fortis avait été démantelée. "Je maintiens qu'à aucun moment il n'a été question d'influence et encore moins de tentative d'entrave à la procédure judiciaire", a assuré le Premier ministre. "Selon la note du Premier président de la Cour de cassation (...) il n'y a d'ailleurs aucune preuve allant dans ce sens", a-t-il précisé. "Si j'ai agi en mon âme et conscience et dans l'intérêt général, il me faut néanmoins admettre que la note (du président de la Cour de cassation Ghislain) Londers rend impossible la poursuite de l'activité gouvernementale", a-t-il toutefois reconnu. Dans sa note, publiée plus tôt et qui a entraîné la démission du gouvernement, Ghislain Londers écrivait qu'il n'avait "pas pu apporter de preuve au sens juridique du terme d'une influence du politique sur la magistrature" mais estimé qu'il y a "indubitablement des indications importantes en ce sens".
Le roi des Belges Albert II doit décider s'il accepte ou non la démission du gouvernement. Il a réservé sa réponse et consulte depuis vendredi soir les présidents des partis politiques de la majorité. Dimanche soir, il recevait pour la deuxième fois du week-end Marianne Thyssen, la présidente du parti chrétien-démocrate flamand (CD&V), le parti d'Yves Leterme. Un maintien au pouvoir d'Yves Leterme semble peu probable, tant le Premier ministre a été contesté, et alors que l'affaire Fortis s'est transformée en quasi-affaire d'Etat.