
En d'autres temps, Jean-Marie Le Pen aurait fait assaut d'indignation sur la crise. On imagine son grand discours de rentrée, à la fête des BBR (Bleu-Blanc-Rouge). Nul doute que le président du FN aurait utilisé cette tribune pour marteler que les événements lui donnent raison. «Je suis le seul à avoir annoncé la catastrophe» , déclarait-il dimanche au Figaro. Ne cesse-t-il pas, depuis des années, ajoutait-il, de dénoncer le «mondialisme», le «libéralisme sans borne», l'«Europe sans frontière» et d'y opposer les vertus de l'«État-nation» ?
Mais la fête des BBR n'aura pas lieu cette année, pour la deuxième fois consécutive. Mis à la portion congrue financière par ses revers électoraux de l'année dernière, ayant cessé d'impressionner le reste de la classe politique, le FN n'a guère les moyens de se faire entendre dans la crise.
Certes, il en parle. La crise financière «n'est qu'un révélateur de failles dont l'origine remonte à près d'un quart de siècle», a affirmé Jean-Marie Le Pen la semaine dernière au cours d'une conférence de presse. Elle est le «résultat de tous ces errements, de l'asservissement insupportable des élites politiques aux puissances économiques, et elle entraîne maintenant le paiement de ces erreurs dramatiques par tous les citoyens du monde et en particulier par les classes moyennes et les plus pauvres».
Selon lui, «l'incapacité des États et des institutions internationales à juguler cette crise sans précédent démontre que le modèle ultralibéral de l'euromondialisme ne fonctionnera jamais».