Et oui, il faudrait vraiment être aveugle maintenant pour ne pas voir en face ce qu'est réelement cet homme...
Avant, il fallait être borgne....mais là!!
30 septembre, 2008
“Nicolas Sarkozy, l’illusionniste mis à nu”, par Eric Dupin
Le chômage repart fortement à la hausse. Le projet de budget 2009 consacre la dérive des déficits publics. Tous les engagements de campagne du candidat Sarkozy partent en fumée. Seuls restent de grands discours sans conséquences.
Tout est dit en deux phrases : « Pour 2012, (Nicolas Sarkozy) avait promis de rétablir l’équilibre des comptes publics, de faire baisser le taux des prélèvements obligatoires, de ramener le plein-emploi et d’améliorer le pouvoir d’achat. Pour l’instant, c’est zéro pointé ». Ce jugement cruel n’est pas le fait d’un opposant enragé ou d’un plumitif gauchisant. Il a été émis, ce matin même, par l’éditorialiste du quotidien économique « La Tribune ». Il a suffi à Philippe Mabille d’observer les faits d’un œil froid pour écrire que « Nicolas Sarkozy a vu s’envoler en fumée tous ses engagements de campagne ».
Jour après jour, l’implacable actualité se charge d’instruire le procès de l’échec de la politique gouvernementale inspirée par le président de la République. Christine Lagarde a confirmé dimanche que le nombre de demandeurs d’emplois avait augmenté d’environ 40.000 personnes au mois d’août. Un chiffre catastrophique : c’est la hausse du chômage sur un mois la plus élevée depuis une quinzaine d’années ! Une nouvelle désastreuse alors même que la crise financière n’était pas encore entrée dans sa phase aiguë. La dégradation de la situation de l’emploi est certes la conséquence du ralentissement de la croissance économique. Mais elle a été encore aggravée par le régime favorable aux heures supplémentaires –- qui incite les employeurs à faire « travailler plus » leurs salariés plutôt qu’à embaucher -– instauré au début du quinquennat sarkozyste.
Les pouvoirs publics, qui en sont encore à tenir des « réunions de crise » entre ministres, n’ont pas réagi, à ce jour, au retournement de conjoncture par une réponse forte. Cela n’empêche pas les déficits publics de continuer à filer à vive allure. De source officielle, le déficit budgétaire s’élèvera, en 2008, à 49,4 milliards d’euros contre 41,7 prévus dans la loi de finances initiale. Mieux, le déficit affiché dans le projet de budget 2009 grimpe à 52,1 milliards d’euros. La dette publique devrait représenter, l’année prochaine, 66% du PIB (contre 65,3% en 2008). La ministre de l’Economie elle-même reconnaît que la France sera incapable de respecter ses engagements européens en revenant à l’équilibre des finances publiques en 2012. Le pouvoir sarkozyste n’est décidément pas plus libéral que social.
La parade des mots
Face à cet affront du réel, la parade des mots devient de plus en plus dérisoire. Qu’importent les beaux discours, à la sauce Guaino, sur la malfaisance du capitalisme financier et le retour de l’Etat si rien ne change à la politique effectivement menée. Comme par hasard, le projet de budget 2009 qui vient d’être dévoilé ne comporte aucune mesure inspirée de cette rhétorique inspirée. Sarkozy ne pourra pas éternellement masquer par la magie du verbe l’inefficacité de sa politique.
Le volontarisme exacerbé qu’il affiche contraste de plus en plus violemment avec l’indigence des résultats. Le leader de la droite a certes quelques expérience en la matière. Il a réussi à conserver sa réputation de champion de la sécurité alors même que les résultats de son action étaient minces. Rien n’indique cependant qu’il reproduira avec succès un tel tour de passe-passe sur des problèmes économiques et sociaux qui s’annoncent de plus en plus lourds. Le spectre des faillites bancaires a déjà atteint ce week-end l’Europe. La baguette magique de Sarkozy fera de moins en moins illusion.