Le ministre flamand des Affaires intérieures, Marino Keulen, souhaite que l'ensemble du gouvernement flamand se prononce sur le dossier de la non-nomination des bourgmestres francophones de Crainhem, Wezembeek et Linkebeek. Selon lui, il faudrait prendre une décision rapidement, car il faut se débarrasser de ce dossier.
Marino Keulen a décidé l'an passé de ne pas nommer ces trois maïeurs, membres du MR, parce qu'ils ont, d'après lui, enfreint la législation linguistique et la circulaire Peeters en envoyant directement des convocations électorales rédigées en français. Cette décision, alors que la crise communautaire de l'après 10 juin 2007 battait son plein, a été ressentie comme une gifle par les partis francophones qui ont fait de la résolution de ce dossier une condition à la conclusion d'un accord institutionnel.
Marino Keulen a rappelé les trois principes qu'il entendait respecter dans cette affaire. "Un: pour moi, il s'agit d'un dossier juridique. Deux: la bonne gestion implique que l'on ne reporte pas inutilement une décision. Sinon, nous risquons une condamnation au Conseil d'Etat. Trois: il a toujours été dit clairement que le dialogue communautaire et le cas des trois bourgmestres étaient deux choses distinctes". Pourtant, la non-nomination des trois bourgmestres pourrait hérisser les francophones dans le dialogue intercommunautaire.
Quant à Kris Peeters, il dit ne pas craindre les réactions francophones. Néanmoins, le gouvernement flamand devra, lors de sa prochaine réunion, étudier s'il est nécessaire de décider à nouveau de ne pas nommer ces bourgmestres, et étudier les conséquences que peut entraîner une telle décision. Selon Kris Peeters, Marino Keulen a exprimé le souhait vendredi passé que l'ensemble du gouvernement s'implique dans "cette décision importante". "Il en sera discuté lors des prochains conseils des ministres".
Le CD&V s'était fait le héraut de "la ligne la plus pure" dans le dossier de la nomination des bourgmestres. Le député Erik Van Rompuy ne cesse d'ailleurs de le démontrer à longueur de séance au parlement flamand. "Je m'oppose à l'idée selon laquelle je voudrais me débarrasser de ce dossier. J'ai dit cette semaine que j'avais reçu tous les avis nécessaires et que je prendrais une décision dans un bref délai", a-t-il affirmé.
Le gouvernement flamand se penchera aussi sur le déplacement du ministre Keulen à Strasbourg le mois prochain. En effet, le Conseil de l'Europe veut entendre le ministre et les bourgmestres à propos du dossier de leur non-nomination. Pour Marino Keulen, il n'y a pas lieu d'y aller, c'est pourquoi il prévoit d'y envoyer son avocat. "Il est incompréhensible que le Conseil de l'Europe ouvre un dossier alors que les intéressés n'ont pas épuisé toutes les voies de recours dans notre pays. Ils ne sont jamais allés devant le Conseil d'Etat", a-t-il rappelé.
LeVif.be, avec Belga